Préparer l’entrée d’un proche en maison de soins palliatifs.

L’entrée en maison de soins palliatifs est souvent un moment rempli d’émotions qui sont parfois même contradictoires tel que le soulagement et la peur.

On parle souvent des soins, du confort, du soulagement de la douleur, de la qualité des équipes. Et c’est vrai : les maisons de soins palliatifs sont souvent des lieux profondément humains, empreints de douceur et de dignité.

Malgré tout cela, la personne qui franchit cette porte sait souvent que ce sera probablement le dernier endroit où elle vivra.

Aujourd’hui, j’accueillais une dame qui faisait son entrée en maison de soins palliatifs. Malgré une bonne préparation et un accueil chaleureux, elle me partageait prendre conscience que ce serait le dernier endroit qu’elle habiterait.

Et cette phrase est restée avec moi.

Parce qu’au-delà des soins, une entrée en maison de soins palliatifs représente aussi un immense changement émotionnel.

Ce que vit souvent la personne qui entre en maison de soins palliatifs

Même lorsque la personne est prête, bien informée ou soulagée d’obtenir enfin les bons soins, il y a souvent un mélange d’émotions contradictoires :

  • De l’inquiétude face à l’inconnu

  • De l’insécurité liée au changement d’environnement

  • De la tristesse ou du deuil anticipé

  • Parfois du soulagement d’être enfin prise en charge

  • Et souvent… une prise de conscience profonde de ce que représente cette étape

Lorsque la personne quitte sa maison, il est important de comprendre que c’est son milieu qu’elle quitte et qu’elle sait que c’est pour toujours. Prenez le temps de lui demandez ce qu’elle ressent, s’il y a des choses qu’elle aimerait faire avant de quitter ce lieu qui est SA MAISON. Par exemple, inviter des gens pour un dernier repas/café, prendre des photos de sa maison, débuter un tri de ses effets personnels.

Lorsqu’elle quitte l’hôpital, n’oubliez pas que cela fait plusieurs changements qu’elle vit, invitez la personne à parler de comment elle voit ce changement.

Il ne faut pas oublier qu’après la maison, l’hôpital ou une ressource intermédiaire, c’est encore un nouveau milieu à apprivoiser.

Un nouveau lit.

De nouveaux visages.

Une nouvelle routine.

Et parfois, le sentiment de laisser une partie de sa vie derrière soi.

Et saviez-vous que si la santé de la personne le permet, la majorité des maisons de soins palliatifs permettent qu’ils puissent sortir avec leur famille une journée et parfois même pour quelques jours?

Comment préparer la personne en fin de vie à cette entrée?

Comme proche aidant, il y a des gestes qui peuvent faire une immense différence.

1. Expliquer ce qu’est réellement une maison de soins palliatifs

Lorsque la personne comprend pourquoi elle y va, quels soins elle recevra et ce qu’elle peut y vivre, cela peut diminuer beaucoup d’anxiété.

Prenez le temps de répondre à ses questions :

À quoi ressemble l’endroit? Qui sera là? Comment se passeront les journées? Est-ce qu’on pourra recevoir des visites?

Plus l’inconnu diminue, plus un sentiment de sécurité peut s’installer. Peut-être même proposer une visite des lieux si l’état de santé le permet ou encore montrer des photos et le site web de l’endroit.

2. L’impliquer dans la préparation de son arrivée

Même lorsqu’on approche de la fin de vie, conserver un sentiment de choix et de contrôle demeure important.

Vous pourriez demander :

  • Qu’aimerais-tu apporter avec toi?

  • Y a-t-il un objet qui te rassure?

  • Une couverture? Un oreiller?

  • Des photos? Un album?

  • Un objet significatif?

Bien que les murs ne puissent généralement pas être décorés, il est permis de déposer des objets personnels sur les commodes ou surfaces de la chambre. Cela peut transformer un lieu inconnu en un espace un peu plus familier. Un peu plus rassurant.

Un peu plus « chez soi ».

3. Si possible, accompagnez votre proche lors du transfert

L’entrée en maison de soins palliatifs peut générer beaucoup d’insécurité.

Être accompagné par une personne connue devient alors un immense point de repère.

Une présence familière peut parfois faire toute la différence :

Quelqu’un pour poser les questions.

Quelqu’un qui connaît l’histoire de la personne.

Quelqu’un qui rassure simplement par sa présence.

Parfois, il ne faut pas plus qu’une main tenue ou un regard connu pour rendre ce moment un peu plus doux.

Et les proches?

Pour les proches, cette étape est souvent traversée par un mélange d’émotions parfois difficiles à accueillir.

Il arrive que certains ressentent de la culpabilité. Ils auraient aimé garder leur proche à domicile plus longtemps, se demandent s’ils auraient dû être capables de continuer à s’en occuper ou ont l’impression de ne pas avoir « fait assez ».

D’autres vivent aussi un certain soulagement… et se sentent coupables de ressentir cela. Le soulagement de savoir que leur proche recevra enfin tous les soins dont il a besoin. Le soulagement de pouvoir redevenir pleinement présent comme conjoint, enfant, parent ou proche… plutôt que d’être constamment dans le rôle de soignant.

Et ce soulagement n’enlève rien à l’amour porté à la personne.

Pour plusieurs proches, l’entrée en maison de soins palliatifs est aussi un moment de grande prise de conscience. Celui où la réalité de la fin de vie devient plus concrète. Parce qu’en général, une admission en maison de soins palliatifs survient lorsque le pronostic de vie est estimé à moins de trois mois.

Si vous traversez cette étape auprès d’un proche, j’aimerais vous inviter à accueillir, vous aussi, les émotions qui vous habitent. La tristesse, la peur, la fatigue, l’impuissance, la culpabilité… mais parfois aussi le soulagement.

Vous n’avez pas à porter tout cela seul.

N’hésitez pas à aller chercher du soutien extérieur, que ce soit auprès d’un professionnel, d’un organisme ou d’un espace d’accompagnement. Avoir un endroit pour déposer ce que vous vivez peut vous aider à traverser cette période avec un peu plus de douceur… et à être encore plus disponible émotionnellement auprès de votre proche. profondément touchée

Aujourd’hui, cette dame arrivait d’une ressource intermédiaire.

Et avant même que le transport arrive, des membres de son milieu étaient déjà présents pour l’accueillir, lui souhaiter la bienvenue et lui apporter certains objets personnels.

J’ai trouvé cela profondément beau.

Parce qu’au fond, accompagner quelqu’un en fin de vie, c’est aussi ça :

Créer de la continuité.

Préserver des repères.

Faire sentir à la personne qu’elle ne traverse pas ce passage seule.

Et si on parlait davantage de cette transition?

On prépare souvent les soins.

Les papiers.

Les rendez-vous.

Mais on parle parfois moins du vécu émotionnel derrière cette entrée.

Et pourtant, cette transition mérite elle aussi d’être accompagnée avec douceur.

Si vous vivez actuellement l’entrée d’un proche en maison de soins palliatifs, sachez qu’il n’y a pas de façon parfaite de traverser ce moment.

Seulement des gestes humains qui peuvent rendre ce passage un peu plus doux.

Je suis là pour vous soutenir vous et votre proche, vous pouvez réserver votre appel exploratoire gratuit pour qu’on en discute.

J’ai également créé un guide pour les proches aidants, afin d’éclairer leur rôle et leur à travers des questions et des pistes de réflexions qui amènent également à soutenir la personne en fin de vie. Je vous invite à aller visiter ma boutique en ligne.

FAQ – L’entrée en maison de soins palliatifs

1. Comment préparer un proche à une entrée en maison de soins palliatifs?

La meilleure préparation est souvent une préparation humaine et concrète. Prenez le temps d’expliquer à votre proche où il s’en va, à quoi ressemble une maison de soins palliatifs, quels soins y sont offerts et ce qu’il peut s’attendre à vivre. Si possible, impliquez-le dans la préparation : choisir des objets à apporter, poser ses questions ou exprimer ses inquiétudes.

2. Que ressent une personne lorsqu’elle entre en maison de soins palliatifs?

Chaque personne vit cette étape différemment, mais plusieurs ressentent un mélange d’émotions : inquiétude, tristesse, peur de l’inconnu, sérénité, soulagement d’être enfin confortable et que les proches n’auront plus tout ce poids ou encore prise de conscience que cette étape représente souvent la fin de vie. Même lorsque la personne est bien préparée, ce changement de milieu peut amener beaucoup d’insécurité.

3. Quels objets apporter dans une maison de soins palliatifs?

Les objets réconfortants et familiers peuvent aider une personne à se sentir davantage chez elle. Selon les règles du milieu, il peut être aidant d’apporter :

  • Une couverture ou une doudou réconfortante

  • Un oreiller personnel

  • Des photos ou un album souvenir

  • Un objet significatif ou rassurant

  • De petits éléments décoratifs à déposer sur les meubles de la chambre

Ces objets peuvent rendre l’environnement plus chaleureux et personnalisé.

4. Est-ce qu’un proche devrait être présent lors de l’entrée en maison de soins palliatifs?

Lorsque cela est possible, oui. La présence d’un proche lors du transfert peut apporter beaucoup de sécurité émotionnelle. Arriver dans un nouvel environnement peut être stressant, et avoir un visage connu aide souvent la personne à se sentir moins seule et plus rassurée.

5. Une maison de soins palliatifs, est-ce comme un hôpital?

Pas exactement. Bien que des soins médicaux y soient offerts, les maisons de soins palliatifs cherchent souvent à créer un environnement plus chaleureux, humain et apaisant. L’objectif est généralement le confort, la qualité de vie, le soulagement des symptômes et un accompagnement global autant pour la personne que ses proches et non une guérison.

6. Peut-on personnaliser la chambre en maison de soins palliatifs?

Cela dépend des établissements, mais plusieurs permettent d’apporter des objets personnels pour rendre l’espace plus familier. Même si les murs ne peuvent pas toujours être décorés, des photos, objets significatifs ou souvenirs peuvent souvent être déposés sur les meubles de la chambre.

7. Comment rassurer un proche qui a peur d’entrer en maison de soins palliatifs?

Écouter ses inquiétudes sans chercher à les minimiser peut faire une grande différence. Prenez le temps de répondre à ses questions, de parler de ce qui l’inquiète et de lui expliquer ce qu’il peut s’attendre à vivre. Lui rappeler qu’il ne sera pas seul et qu’il pourra être accompagné peut aussi être très apaisant.

8. Comment soutenir un proche aidant pendant cette transition?

L’entrée en maison de soins palliatifs est souvent bouleversante pour les proches aidants aussi. Offrir une écoute, de l’aide concrète, du répit ou simplement une présence peut faire une grande différence. Les proches vivent eux aussi un grand changement émotionnel durant cette étape.


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